Performance et perfectionnisme marchent souvent main dans la main.

C’est moi qui les force en plus! Ils m’ont pourtant dit qu’ils aimeraient prendre des chemins différents, faire leur vie de leur côté et moi je les oblige à rester ensemble. Je les préfère même tout près de moi, un à ma gauche et l’autre à ma droite.

Je ne sais pas si on fait véritablement un beau trio, mais depuis que nous sommes ensemble, je reçois régulièrement des « Wow! Bravo! Ce que tu entreprends est génial. »

Quand je performe, j’attrape donc la perfection par le collet en espérant obtenir en retour gratification, reconnaissance et validation. Ça goûte si bon…

Avec le temps, j’ai commencé à trouver la diète lourde à porter, bien que la saveur soit divine. J’ai donc travaillé à alléger ma recette. J’ai ajouté des ingrédients, j’en ai enlevé plusieurs, j’ai varié les épices. Pourtant, le résultat n’a jamais vraiment changé. Perfection et performance y sont toujours.

Je les conserve parce que j’ai l’impression qu’en les mariant, je serai plus aimable. C’est de l’amour que je quête lorsque j’attache la perfection à mes créations. J’achète l’amour à coup de petites douceurs sucrées.

Bravo! C’est génial ce que tu fais!

Ces mots résonnent à mes oreilles comme un « je t’aime. » Ce qu’il manque cependant après ces trois mots est…lorsque tu fais toutes ces choses.

Je t’aime quand tu fais.

La peur de se tromper devient quasi permanente…on s’observe et on lisse les plis pour que rien ne dépasse. Il ne faudrait surtout pas! Quand on offre un produit, on se doit d’offrir de la qualité.

Puis un jour, on se dit qu’on pourrait s’alléger définitivement. Passer à trois dans tous les cadres de porte, ce n’est pas évident! Ça grince parfois. Alors on donne plus de liberté à performance et perfection, les laissant trottiner gentiment derrière.

Je t’aime quand tu es.

Le chemin est tellement plus simple lorsqu’on arrive à être, sans rien faire. On existe, malgré les courants d’air provoqués par nos amis à la traîne. On vit, on respire et on continue à faire, bien sûr.

Mais lorsque l’on fait, seul et nu, en usant seulement de notre âme et de nos tripes, sans boucliers, certains commentaires peuvent rapidement sonner comme des « je ne t’aime pas finalement. J’aimais beaucoup mieux tes amis. Tu n’as pas envie de les ramener? »

Non…j’aime trop ma liberté. Tu as le droit de préférer mes costumes d’avant, mes amis d’antan.

Je choisis aujourd’hui la légèreté, la vérité fripée.

Et lorsque tu décideras que je ne suis pas assez, que je ne fais pas suffisamment, je me dirai au creux de l’oreille: moi je t’aime, sans condition.

 

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