Qu’est-ce que la performance sinon un contrôle extrême de tous les paramètres connu pour correspondre à un certain standard?

Même que la société n’a de cesse de nous dire que tout est contrôlable à qui le veux bien; tout est possible, tout est atteignable, suffit d’avoir le bon outil et de la volonté.

Pourquoi être négatif quand on connait la pensée positive? Pourquoi échouer avec autant d’outils pour réussir? Pourquoi s’énerver quand la méditation est accessible à tous? Pourquoi être triste quand on connait le chemin du bonheur?

Sous cet angle, il n’est pas étonnant de voir autant de gens tomber dans les pièges de la performance. Ne pas s’y souscrire voudrait dire se positionner face aux autres, face au Monde, face à soi…la peur du rejet devient un monstre immense qui nous pousse à nous éloigner de nous-mêmes.

Or, se rencontrer est inévitable et la performance nous y pousse d’une façon paradoxale. Comme si cette quête du contrôle nous poussait aux limites de soi, là où il n’est plus possible de se cacher.

En s’éloignant de soi, on finit tout de même par se rencontrer et cette rencontre se fait parfois brutalement. C’est (trop) souvent dans les larmes, le stress et l’angoisse qu’on se heurte au fossé qui sépare nos attentes de nous-mêmes.

Sur la route de la performance, on se moule aux attentes extérieures croyant ainsi obtenir reconnaissance et amour d’autrui. Ou bien on s’exige de correspondre à nos propres standards qui sont parfois encore plus élevés et plus loin de notre être véritable.

Nous ne connaissons que cette route: passer par le faire pour démontrer que nous sommes. Que se passerait-il si nous nous autorisions à être, avant de faire quoi que ce soi?

Ne rien faire, ne rien changer. Observer honnêtement et humblement ce qui est. Voir ce que nous aimons et surtout ce que nous n’aimons pas en nous. Vivre l’agréable tout en faisant une place réelle à l’inconfort.

Passer de la lumière à l’ombre, du connu à l’inconnu, de l’extérieur vers l’intérieur, du contrôle au lâcher-prise.

Ah! Le fameux lâcher-prise. Cette notion qui peut tout aussi bien nous faire tomber dans la performance alors qu’on cherche à s’en éloigner. Vouloir à tout pris sortir du contrôle pour aller désespérément vers le lâcher-prise c’est justement chercher le contrôler, nous ramenant instantanément à la case départ.

Comment s’en sortir?

Nous sommes des êtres de dualité. Nous la retrouvons partout dans la nature, dans tous les grands courants philosophiques, scientifiques et humains. Elle fait partie de notre être tout entier.

Comment respirer sans expirer? Comment être éveillé sans sommeil? Comment connaitre le bien sans le mal? Comment vivre sans la mort?

La performance n’est en fait que l’espoir d’exclure un côté de cette dualité ou du moins tout faire pour contrôler quel côté de la médaille sera exposé au grand jour.

Et c’est ici que la brèche apparait, que l’espoir renaît. Non seulement il est possible de sortir de la performance, mais peut-être que la meilleure façon d’y arriver est d’y sombrer pour finalement tout faire l’inverse?

Accepter ce désir de contrôle en poussant la maîtrise à son maximum. Puis s’ouvrir à l’imprévu, à l’inattendue. Se regarder avec curiosité, honnêteté et bienveillance pour observer ce qui est et non plus ce qui vient d’être fait.

C’est là que nous apparaissons, que nous devenons visibles. C’est là que notre unicité se révèle. C’est là que nous mettons le pied hors de la performance, au coeur de cette dualité.

Contrôler pour performer.

Performer pour mieux abandonner.

Abandonner pour mieux se retrouver.

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