On m’a souvent remercié de mes textes me disant que ça faisait du bien de pouvoir lire quelqu’un qui parle des tabous de la performance.

Je les remercie à leur tour de me rappeler à quel point nous nous sentons souvent seuls avec nous même lorsque l’on performe. Aucune possibilité apparente d’échanger avec autrui, de se confier. Tout se passe en tête à tête avec nos ombres. La performance est comme une loupe qui gonfle nos peurs, nos doutes et nos insécurités jusqu’à en faire de gigantesques montres impitoyables.

Comme le propre de la performance réside dans l’offre d’un résultat, ce qui se passe pendant ce « don » n’intéresse personne. Que tu trembles de partout, que tu ne dormes plus la nuit, que ton intérieur tombe en petits morceaux, ça n’intéresse personne. Tant que le résultat y est, tout roule.

On pile sur soi pour offrir le meilleur de soi. Quel paradoxe! 

Un ami me demandait il y a quelques mois « comment on fait pour performer quand notre vie chie? » Honnêtement, quoi répondre à cette question? On fait de notre mieux mon cher, on fait de notre mieux…

Qui a dit qu’on devait se mettre de côté pour performer? Qui a dit qu’on doive se laisser derrière au bénéfice d’un résultat éphémère? Et tout ça pour plaire véritablement à qui?

Ça me surprend chaque fois que ce qui semble le plus tabou en performance est de parler de nos faiblesses. Le résultat et l’image passent avant tout. Impossible de montrer des signes de fragilité, de manque, d’hésitation, de peur…la force prime sur tout. La recherche de perfection semble la seule issue possible. Et non seulement la quête, mais surtout son atteinte!

Lorsqu’on s’arrête et qu’on observe tout ça un instant, c’est un raisonnement qui n’a pourtant aucun sens. L’être humain n’est complet que dans sa complexité et sa diversité. Les qualités viennent forcément avec des faiblesses. Pourquoi valorisons-nous la lumière au détriment de l’ombre?

Parce que l’ombre fait peur. Parce qu’on a peur de ce qu’on pourrait y trouver. Parce qu’on ne veut pas se faire pointer du doigt. On souhaite tous au font être vu, reconnu, valorisé, aimé. C’est peut-être cette quête qui nous lance corps et âme dans cet espoir de perfection, dans la recherche de la performance parfaite, lisse et sans tache.

Pourtant, qui n’aime pas aller s’abriter un moment sous les feuilles d’un arbre sous les coups de midi? La fraîcheur de la nuit comporte autant de bénéfice que la chaleur du jour. C’est un tout.

Comment fait-on pour performer quand tout tombe en morceau autour de nous? Offrir sa vulnérabilité autant que sa force, voilà le véritable défi.

Oser se montrer en totalité, avec ses bouts croches et ses morceaux qui manquent, sans chercher à les cacher. Laisser le masque dans le placard. Offrir un soupçon d’humanité et créer un espace, en soi et autour de soi, où Être est permis. Sans jugement et sans contrainte.

Faire un clin d’oeil et la Vie et rire à gorge déployée. Se moquer de ce que les autres peuvent bien penser et se lancer dans la mêlée le coeur ouvert avec le plaisir comme boussole. La lumière jaillira d’elle même. Et l’ombre suivra gentiment comme une couverture sous laquelle il fait bon s’abriter.

Performer pour montrer le meilleur de soi. Performer pour accueillir ce qu’on aime moins de soi. Performer pour être totalement soi.

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