Ça serait génial si on pouvait toujours être au maximum de notre potentiel.

Je vois passer chaque jour des articles qui parlent des 8 façons de réussir, des 15 secrets pour atteindre son plein potentiel, des 10 000 trucs et astuces pour accomplir ses rêves ou je ne sais quoi.

À l’intérieur de ces articles, la promesse de réussir tout ce que l’on veut (oui oui, tout!) et d’arriver à finalement être la merveilleuse personne que l’on devrait être (je pense que nous sommes en tout temps cette personne merveilleuse, mais ce sera un autre sujet).

Bon, ce n’est peut-être pas dit de cette façon, mais souvent, c’est ce que les mots laissent croire.

C’est normal; on aimerait tous être bien, heureux, rayonnant et pouvoir accomplir tout ce que nous souhaitons faire et être. Moi aussi j’y aspire, mais je sais que je ne voudrais pas être constamment à mon max.

C’est important pour moi, c’est ce qui me distingue des machines. Et je ne veux pas être une machine, même si cela pourrait être pratique.

Parce qu’une machine, ça peut donner un résultat identique, jour après jour, heure après heure. Et si ça ne fonctionne plus, et bien on fait l’entretien et quelques ajustements ou bien on change tout simplement pour un modèle dernier cri.

C’est simple, rapide et efficace. Pas de place pour l’erreur, pour le « quelconque », pour le peu, pour le faible. Une machine se doit d’offrir un résultat optimal et être à son top!

Mais voilà, je ne suis pas une machine. L’humain n’est pas construit comme tels et malgré tout nos souhaits et nos efforts, nous ne deviendrons jamais des machines.

L’homme change, l’homme évolue, l’homme fluctue, l’homme bouge, l’homme danse…

Alors que veut dire être au maximum de son potentiel lorsqu’on n’est pas une machine? Et si c’était simplement faire de son mieux? 

Faire de son mieux dans le ici et maintenant, en restant détaché du résultat. C’est un défi, je sais bien!

Petite anecdote de jeunesse. J’étais dans un camp musical d’été où chaque matin nous avions une classe de maître de 3h.  Disons qu’un soir j’ai fait la fiesta, tellement que le lendemain matin, je n’étais pas vraiment fonctionnel.

En me réchauffant ce matin-là vers 8h, j’étais incapable de faire un son qui durait plus d’une seconde, et je n’exagère même pas! Mon corps ne me répondait plus. À 9h, lorsque la classe de maître a débuté, le professeur m’a gentiment invité à jouer la première…l’horreur!

Les conditions n’auraient vraiment pas pu être pire. Devoir jouer pour un super professeur en face de collègues flûtistes exigeant alors que je ne possédais probablement pas 50% de mes capacités musicales (je suis généreuse) et qu’il me semblait impossible de contrôler quoi que ce soit au niveau corporel ou qu’il m’était difficile de me concentrer…

Que faire d’autre que faire mon mieux? J’aurais eu beau culpabiliser sur mon état ou me dire que j’aurais pu être raisonnable la veille, cela n’aurait absolument rien changé au fait que je n’étais pas en très grande forme.

C’est encore la même chose aujourd’hui lorsque je ne dors pas bien à cause des enfants, d’un gros rhume ou d’idées qui se promènent dans ma tête entre 2h et 4h du matin! Je ne suis pas plus en état le lendemain, peu importe ce que je me dis, peu importe ce que je fais.

Je pourrais  m’excuser et expliquer que le résultat de XYZ sera surement inférieur à ce que je pourrais faire dans d’autres conditions. Seulement, ça n’intéresse pas grand monde. Et souvent, le résultat est plus qu’acceptable!

Ce fameux matin d’été en est un exemple. J’ai enregistré ce cours qui promettait d’être une catastrophe. Lorsque je l’ai écouté avec des oreilles reposées, j’ai été obligé d’admettre que le résultat était tout de même acceptable.

Faire de son mieux est souvent suffisant.

Je change, j’évolue, je fluctue, je bouge, je danse…

Alors, pourquoi s’acharner à vouloir toujours offrir le maximum qu’il me serait possible de donner dans les meilleures conditions?

Faire de son mieux, peu importe le résultat, aussi variable soit-il.

Est-ce qu’on exige de la mer qu’elle fabrique x nombres de vagues à la minute? Est-ce qu’on demande au vent de souffler juste assez pour nous rafraîchir sans nous décoiffer? Est-ce qu’on peut commander à lui pluie de tomber lorsque nécessaire et d’arrêter à souhait?

On apprécie ce que la nature nous offre, tel quelle nous l’offre.

Lâcher prise sur le résultat, c’est rester flexible et ouvert aux variations de la vie. C’est utiliser ce qui se passe comme point de départ pour créer quelque chose à notre image.

Personnellement, j’ajoute à ce mélange beaucoup de bienveillance pour moi-même, de la patience et une bonne dose d’humour! Parce que la vie est bien trop importante pour être prise au sérieux.

Non je ne suis pas une machine et je ne souhaite pas le devenir. Parce que c’est dans ces moments où tout semble aller de travers que j’apprends le plus.

Et je me rappelle, lorsque je suis dans un creux, qu’il y aura toujours une seconde vague.

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