Lorsqu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas comme je veux, j’ai tendance à focuser sur le problème, à chercher à le résoudre.

Je pense à ce qu’il serait possible de changer, ce que je pourrais améliorer, ce que je pourrais faire de différent…et souvent, plus j’y pense, moins ça fonctionne.

Je prends un petit exemple: lors d’un concert cette semaine, je commence à trouver que je suis loin de jouer juste. Je cherche donc à corriger rapidement en  jouant moins fort, pour écouter mieux. Ça ne fonctionne pas.

Je bouge donc la tête de mon instrument pour ajuster, au cas: toujours rien. J’écoute pour entendre avec qui je joue, aucun résultat. Je respire mieux, je souffle plus, je cherche, je cherche, je cherche! Je dois me rendre à l’évidence: plus je cherche et moins je trouve.

En fait si. Plus je cherche et plus je trouve de la tension!

J’ai les bras tendus, le cou qui ne bouge plus et ça devient vite difficile à gérer. Bref, plus je cherche à résoudre mon problème de justesse en me concentrant sur celle-ci, plus je m’éloigne précisément de ce que je souhaite atteindre.

C’est absurde comme stratégie quand on y pense.

C’est comme si j’étais perdu dans une forêt et que je décidais d’observer un arbre pour retrouver mon chemin. Peut-être qu’en le regardant bien, je pourrais y découvrir un indice de la direction à prendre?

Alors j’observe tous les détails de l’arbre, toutes c’est particularités: son écorce, sa couleur, ses blessures, ses « occupants », la forme des feuilles ou bien la direction des branches. Bientôt, je commence à le connaître par coeur.

Est-ce que j’ai retrouvé mon chemin? Pas une seconde.

Pour trouver une solution, pour savoir quoi faire, rien ne sert de se coller le nez sur l’arbre. Pour voir la forêt, il faut prendre du recul. Voir plus grand, penser plus large.

Alors, lors de ce concert, je me suis décollé de l’arbre et j’ai commencé à prendre conscience de la foret.

J’ai arrêté de penser à mon petit nombril pour prendre véritablement conscience de ce qui se passait au tour. Je me suis oublié complètement. Être simplement là sans penser à ce qui ne fonctionne pas.

Écouter chaque section de l’orchestre tour à tour, sans les comparer à ce que je fais. Simplement écouter avec curiosité.

J’ai ensuite laissé mon corps faire son travail. Il sait ce qu’il a à faire de toute façon, après toutes ces années! Lui faire confiance pour s’ajuster au présent, à réagir à ce qui se passe, rester flexible.

Et vous savez quoi? La justesse s’est placée. J’ai arrêté de jouer faux. Je ne cherchais ni à comprendre ni à corriger. Je suis revenu à ce qui se passait ici et maintenant.

Et le lendemain, lorsque nous avons refait le même concert? J’ai collé à nouveau mon nez sur le même arbre. Eh oui!

Cette fois-ci, j’y suis resté moins longtemps. J’ai pris du recul, je suis sorti de ma bulle, j’ai vu plus grand, j’ai pris de l’expansion.

Je n’ai pas encore trouvé définitivement mon chemin. Je m’égare souvent de la route.

Mais je ne suis pas perdu. J’observe, j’apprends, je reviens et je continue.

Parce que ce qui est véritablement intéressant, ce n’est pas d’arriver quelque part. On arrive toujours quelque part de toute façon.

Non. Ce qui est vraiment intéressant, ce n’est pas l’arrivée, mais la route pour s’y rendre.

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