« Tu es bonne de faire ce que tu fais! Avec ton travail, ta formation, tes enfants, etc, etc, etc »

C’est un résumé de ce que j’entends à gauche et à droite lorsque je parle de ce qui remplit mon horaire. Un peu comme s’il me disait « a ta place, je ne serais jamais capable de faire tout ça… ». Il est vrai que j’ai une vie que je pourrais qualifier de diversifiée. De l’extérieur, on pourrait croire que je vis plusieurs vies en une:

Une vie de musicienne faite de pratique personnelle, de répétitions, de concerts et d’un minimum d’enseignement.

Une vie de coach faite de coaching, de lecture, de préparation d’atelier et de gestion de dossier.

Une vie d’étudiante avec des formations, des lectures, des travaux, des questions, des réflexions, de l’intégration.

Une vie de communauté où je gère des courriels, discute en comité, planifie des réunions, participe à des tables de discussion, des négociations d’entente collective ou des conseils d’administration, autant dans le monde de la musique que du coaching.

Une vie de famille et de couple qui implique le quotidien de la maison, la routine des enfants et de l’école, l’épicerie, le ménage, le lavage en espérant trouver un petit coin dans la semaine pour n’être que deux.

Également, et heureusement, une vie personnelle pour écrire, lire, voir des amis, dessiner, peinturer, prendre l’air, méditer ou simplement respirer.

Je pourrais avoir six vies. Pourtant, de l’intérieur, je sens que je vis bien une seule et belle grande vie, riche, nourrissante et me permettant de m’épanouir, de me réaliser.

J’en ai pris pleinement conscience il y a quelques jours lors d’un concert. Je venais d’avoir deux jours très remplis, tellement que je n’ai pas eu une seule minute pour ma pratique personnelle.

Ce qui veut dire que ma flûte est restée dans son étui pendant deux jours. Lorsque je me suis assise sur ma chaise pour la représentation, c’était les premiers sons que je faisais en 48h.

Tous les ingrédients pour faire de cette soirée un moment difficile étaient présents: peu de sommeil, zéro pratique, beaucoup d’information en tête.

Quelle surprise de constater le contraire! Plusieurs choses étaient, contre toutes attentes, plus faciles. Certains passages étaient plus fluides, je trouvais mon son plus libre et même la concentration y était, contrairement à deux jours plus tôt.

Alors, pourquoi? Comment? Difficile de répondre  tellement il existe de facteurs influents, mais j’étais au moins sûre d’une chose.

Je me sentais extrêmement bien. Tout simplement.

Je me sentais remplie, portée par les rencontres des dernières heures, par les apprentissages que j’y avais faits. Je me sentais pleinement à la bonne place, au bon moment, faisant la bonne chose pour les bonnes raisons.

Lorsque je me sens alignée de la sorte, tout est plus facile. Ça ne me demande pas d’énergie d’avoir un horaire rempli de la sorte, ça m’en donne.

Ça ne veut pas dire que tout est parfait, loin de là! Je trouve certains aspects plus difficile à gérer, lourd, essoufflant, épuisant…nous en avons tous.

Est-ce que je suis bonne alors de faire tout ce que je fais? Je ne pense pas. Ce que je fais, je le fais parce que j’en ai véritablement envie. Chaque chose a sa place, tout a un sens.

Il y a tellement de personnes que j’admire pour leur talent, leur discipline, leur projet, leur rythme de vie, leur savoir-être ou leur passion. Quand je les regarde, je pense sincèrement ne pas être capable de faire de même. En même temps, ce n’est pas mes choix, ce sont les leurs.

Nous sommes les seuls à savoir ce qui est bon pour nous. Alors je m’écoute, je m’observe. Lorsque la petite flamme est là, bien en vie, je sais que je fais la bonne chose, malgré les difficultés.

C’est peut-être là le plus beau défi de la vie; entretenir son feu intérieur.

S’assurer que nos actions ne l’étouffent pas, se souvenir d’ajouter de nouvelles bûches et pourquoi ne pas tester différentes essences de bois?

L’entretenir et le laisser grandir pour briller et éclairer ce qui est sombre, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Cela n’empêchera pas les tempêtes, la pluie et le vent, mais cette lumière pourrait m’aider à y voir plus clair les jours de noirceurs.

Mais surtout, entretenir ce feu pourrait me garder bien vivante.

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