Être musicien est, pour plusieurs, plus qu’un simple métier; c’est avant tout un rythme de vie. Les musiciens ne gagnent pas leur vie à faire des concerts, ils SONT musiciens.

Leur métier devient en fait une partie intégrante de leur identité. Et pour devenir musicien, la seule façon d’y arriver c’est de s’y investir à 100%, sans compromis. C’est du moins ce que j’ai souvent entendu dire.

Quand on y pense, rien de plus normal! C’est une discipline qui demande rigueur, implication et énormément d’heures de pratique. Comment blâmer alors ceux et celles qui encouragent les jeunes et moins jeunes musiciens à s’investir pleinement et complètement à la musique?

Or, en 25 ans de pratique musicale, j’ai rarement croisé des musiciens qui se nourrissaient exclusivement de leur art.

Alors, qui dit vrai?

La musique, et pourquoi pas plus?

Selon mon point de vue, tout le monde dit vrai! Tant que la décision est en accord avec la personne qui la prend, en quoi serait-ce un problème?

Que vous décidiez de passer 6h par jour à pratiquer, ça ne regarde que vous. Même chose si vous décidez de consacrer une grande partie de vos journées à vos enfants, vos élèves ou à apprendre « autre chose » , ça ne regarde que vous.

Tant que vous vous sentirez en harmonie avec vos choix et que vous vous dirigerez vers vos objectifs, continuez à faire ce qui fonctionne. Une chose reste cependant quasi inévitable; un jour, la musique ne sera plus le centre de votre vie.

Difficile à imaginer n’est-ce pas? Pourtant, très peu de musiciens réussiront cet exploit. Peut-être certains chefs d’orchestre, quelques compositeurs et musiciens. Mais pour la plupart d’entre nous, autre chose prendra la place pour une raison ou une autre.

Que ce soit à cause de la retraite, d’un accident ou d’une maladie (on ne le souhaite pas), de l’arrivée d’enfants dans sa vie, parce que le téléphone ne sonne plus ou tout simplement parce que gagner sa vie de cette façon ne répond plus à ses valeurs, la musique risque de passer un jour ou l’autre au deuxième plan.

Les raisons sont nombreuses. Devrait-on alors toujours se planifier un plan B? Premièrement, je déteste les « il faut », « on doit » et compagnie. Je vous dis donc, faites ce qui semble bon pour vous.

Si d’avoir une porte de sortie vous apporte une certaine paix d’esprit, alors, faites aussi autre chose! Si vous préférez foncer tête première et vous dédier pleinement à la musique, faites-le! Si vous souhaitez faire autre chose pour satisfaire vos multiples facettes, allez-y!

Dans tous les cas, écoutez-vous avant d’écouter les « tu devrais », « il faudrait » et autres.

Bien se connaître

Pour faciliter ce genre de décision, bien se connaître est essentiel. Qui êtes-vous en dehors de ce statut de musicien? Quels sont vos goûts, vos intérêts? Aimez-vous la lecture, l’enseignement, l’art, la cuisine, votre famille, faire du bénévolat, la politique, l’économie? Il n’y a bien sûr aucune limite à ce qui peut vous intéresser!

Connaître ce qui vous anime vous donnera de précieux indices, des pistes à explorer si vous vous trouvez un jour devant un vide à combler, qu’il soit physique, monétaire ou émotionnel.

Bien se connaître veut parfois dire explorer autre chose pour devenir un meilleur musicien, tout simplement. C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai pu améliorer mon jeu sans jouer une seule note.

À l’école, je me suis initié à la direction d’orchestre pour mieux comprendre le rôle des chefs et développer mon sens critique. J’ai également suivi des cours de chant complémentaires pour aider ma projection à l’instrument. J’ai fait partie de l’association étudiante pour améliorer ma capacité à prendre position et augmenter mon sens du leadership.

Lorsque j’ai quitté l’école, j’ai réparé des instruments pendant trois ans, ce qui m’a permis d’aller chercher une connaissance technique de l’entretien de mon instrument. Avec toutes mes formations en PNL et en coaching, j’ai pu développer, entre autres, ma bienveillance, ma compassion pour moi et les autres et améliorer plusieurs outils de communication.

Pour terminer, et ce n’est pas à négliger, je suis devenu maman. C’est une chance incroyable de me rappeler tous les jours qu’il est important de respecter le rythme de chacun ainsi que leur unicité, tout en augmentant ma flexibilité.

Ce sont toutes des capacités qu’ils auraient été plutôt difficiles à acquérir dans un local de pratique et qui sont pourtant essentielles pour un musicien!

Nous avons parfois tendance à placer nos apprentissages dans des vases clos alors qu’il peut être plus que bénéfique de les laisser communiquer entre eux.

Conclusion

Alors, vaut-il mieux mettre tous ses oeufs dans le même panier ou pas? Ça reste, selon moi, un choix personnel.

Rien ne vous empêche de vous dévouer à la musique pour un temps ou d’en faire votre vie. Rien ne vous empêche non plus d’essayer, de tester et de goûter à plusieurs choses.

Tout dépend de qui vous êtes, de vos rêves et de vos valeurs. Avant de vous juger, de juger autrui ou de lui donner le meilleur conseil que vous avez sur ce qui devrait être fait ou non, gardez en tête qu’il n’existe pas de bonnes recettes.

La meilleure recette sera la vôtre, tout simplement. Celle que vous aurez créée uniquement pour vous.

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