J’ai eu un programme d’orchestre récemment qui a vraiment testé mes nerfs. Ce n’est pas tant le programme que la personne en avant du groupe qui me rendait un peu agressive (vous comprendrez que je terrai le nom de cette personne, là n’est pas mon propos de toute façon).

Je trouvais qu’il était désorganisé et très peu sensible à la musique que nous jouions. Bref, il me tapait royalement sur les nerfs.

Je n’avais pas de plaisir, je respirais rapidement et je maugréais dans ma tête. Ce n’est pas de cette façon que j’aime faire mon travail et la seule solution que j’envisageais à ce moment, c’était de changer la personne sur le podium. Très peu réaliste comme souhait, vous en conviendrez.

À la pause, j’ai décidé d’aller me reposer dehors à l’ombre d’un grand arbre. J’ai respiré profondément et je me suis questionné sur ma réaction. Mais qu’est-ce qui pouvait bien me frustrer à ce point?

J’ai constaté après quelques moments de réflexion que je me battais pour conserver ma vision des oeuvres jouées. Je n’étais pas d’accord avec les tempi que cette personne choisissait ni la gestion de ses répétitions. En fait, j’aurais préféré que ce soit à ma façon.

Quelle façon individualiste de voir les choses! Je ne suis pas seule dans cet orchestre et mon travail est ainsi fait que, le boss, c’est la personne en avant. J’ai donc pris la décision de vivre le reste de ma répétition comme une expérience.

Au lieu de me battre pour conserver ma façon de faire, j’ai décidé de sortir de ma bulle et d’aller dans son monde (celui du chef). J’étais décidé à me coller à ce qu’il voulait, comme je l’aurais fait naturellement avec quelqu’un qui a des idées plus proches des miennes, et d’observer ce qui allait se produire.

Quelle surprise de constater que j’ai eu le sourire aux lèvres pour le reste de la répétition! Je ne portais plus mon attention sur tout ce qui me dérangeait, mais plutôt sur ce qui se passait bien. J’ai trouvé de belles qualités au chef alors que, quelques minutes plus tôt, j’aurais voulu qu’il soit ailleurs. J’ai en fait réalisé qu’il était seulement très différent de moi.

Est-ce mal pour autant? Bien sûr que non, mais faire ce pas vers l’autre demande ouverture et accueil. Il est beaucoup plus facile de rester avec ses idées et vouloir changer l’extérieur. Cette ouverture est par contre salvatrice. En plus de ramener une certaine paix intérieure, elle permet de nouvelles perspectives.

Lorsque la frustration apparait, il est intéressant de se demander d’où elle provient. Qu’est-ce que la frustration veut nous dire, quel message a-t-elle pour nous? Ce n’est qu’à partir de ce constat que le changement devient possible. Il ne tient qu’à nous de la remplacer par quelque chose de plus constructif.

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