J’ai toujours détesté l’expression « devenir la meilleure version de soi-même ».

Il réside dans ces quelques mots tellement d’incitatifs cachés à la performance que j’en ai parfois un petit haut-le-cœur. C’est pourtant une phrase que l’on entend très souvent et qui semble plaire, particulièrement dans le milieu du coaching et du développement personnel.

Je sais bien que derrière ces mots se cache le désir de s’améliorer, d’évoluer et d’avoir une vie plus belle, plus saine et plus satisfaisante. Devenir et accéder à la meilleure version de nous-même ne peut apporter que joie et bonheur, non? Sinon à quoi bon vivre si même le meilleur de nous n’apporte pas cet état tant désiré?

Oui, l’intention est noble. Pourtant, je ne vois que le laid dans la meilleure version de moi.

Lorsque « devenir la meilleure version de soi-même » est prononcé, j’entends: « Tu n’es tellement pas assez en ce moment, fille. Travaille dur. Plus dur! Tu es encore loin du but. Tu ne devrais pas te contenter d’être moins que tout le potentiel que tu possèdes. Si tu décides de ne pas y accéder, je te trouverai paresseuse, égoïste et sans ambition. Je te jugerai. Tu n’as d’autre choix que d’aspirer au mieux de toi-même. »

C’est loin de m’apporter la joie et la paix intérieur auxquelles j’aspire.

Je suis bien d’accord de m’améliorer, de travailler sur moi, de rechercher une plus grande sérénité intérieure, mais pourquoi autant de pression? J’essaie de faire de mon mieux, chaque jour. Souvent, et qui sait tout le temps, je suis en deçà de ce que mon potentiel véritable me permettrait. J’ai beau m’améliorer, je n’arrive pas à être, véritablement, la meilleure version de moi-même. Je n’arrive pas à utiliser 100% de tout ce que je possède, de tout ce que je suis. J’en connais même si peu!

Et s’il n’y avait rien à chercher? Si être la meilleure version de soi n’était qu’une illusion?

Si tel est le cas, il n’y aurait rien à devenir, mais tout à être. Quel allègement!

Être, en dehors de cet idéal que j’ai de moi. Parce que dans ma tête, la meilleure version de moi-même est en contrôle, de tout: des événements (qu’elle prend de façon positive tout le temps), de mes actions (elle a toujours une solution à tout) et de mes émotions (elle ressent, mais jamais il n’y a de débordement).

Suis-je une moins bonne version de moi lorsque j’ai de la peine, que je suis impatience ou en colère? Suis-je une moins bonne version de moi lorsque je ne sais pas quoi faire et que je suis complètement démunie devant les défis de la vie? Suis-je une moins bonne version de moi même lorsque je m’arrête, la motivation à plat, avec l’envie de ne rien faire?

Il n’existe pas de meilleure version de moi. Je suis tout, tout le temps. Je suis tout ce qui se trouve dans mon idéal, mais également tout ce qui gravite à proximité. Je viens avec le souhaité et le non souhaité, le meilleur et le pire, le beau et le laid.

Je ne veux pas devenir la meilleure version de moi-même, je veux juste vivre ma vie.

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